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The Twilight Empire's Citizen

William D. Cantwell s'emplissait les poumons de l'air brûlant de la cité des anges. Il restait captivé par la peau soyeuse de la Renarde. Elle fut comme hypnotisée quand il lui apprit que son nom d'ascendance irlandaise, venait d'un village: Courson.

Cantwell dérivait de Conteville, autre bourgade normande. Renarde lui apprit que son mec

l'adorerait et ce serait réciproque. Il s'apprêtait à demander lequel, le junkie aristo ,ou l'espèce de taré qui s'était autoproclamé Seigneur des Lézards. Un boucan infernal retentit dans la pièce principale.

Oubliant son flegme, Cantwell rentra en trombe pour hurler :

« NOM DE DIEU ! QU'EST CE QUE C'EST QUE CE BORDEL ? »

« RAH !!! IL A BLASPHEME LE NOM DU SEIGNEUR ! JE VAIS ALLER LE

DIRE AU PRESIDENT NIXON ! »

« TU VAS ALLER LUI DIRE AVEC L'EMPRUNTE DE MA DOC MARTENS EN PLEIN

DANS L'ARRIERE TRAIN ! »

Content que vous ayez déjà fait connaissance. » fit remarquer la Renarde.

On se rependit en explication contradictoire. Son mec était rentré en trombe en hurlant sur la

guitariste. Il s'en était suivi une bousculade au cours de laquelle ledit guitariste avait brandit son instrument au dessus de la mêlée.

William restait admiratif. Il comparait l'interprète de "Hey Joe" à une petite ampli branchée sans transformateur sur des câbles à haute tension.

Un an plus tôt, il était décomposé dix minutes avant son show. Son équipe était arrivé à le

convaincre de jouer pour empêcher l'émeute vu le climat électrisé par la nouvelle. L'enfant

vaudou, ainsi surnommé, était monté sur scène les traits tendus et hagard. Cela avait suffit à

générer un silence de recueillement.

« Pour un pote qui vient de mourir. »

Il ne joua qu'un seul morceau pendant une heure. Le public, tombé dans un somnambulisme collectif, se laissa bercer. Certains, des années plus tard, raconteront avoir eu des tunnels de lumière dans l'esprit. Le concert ne fut pas suivi d'applaudissements. Les gens rentrèrent chez eux groggy, mais étrangement purifiés, pour apprendre à leur tour l'assassinat de Martin Luther King.

Un long gémissement monta d'un coin de la pièce entre le mur et le canapé.

« Merci pour ce happening ! » déclara péremptoirement une femme dont l'exubérance

vestimentaire et la prestance n'arrivaient pas à dissimuler une fragilité sous la guirlande de

fleurs couronnant ses cheveux blonds. William tendit sa main pour l'aider à se relever.


« Oh ça c'est galant. Je me suis toujours demandé pourquoi tu n'avais pas de bassiste dans

ton groupe ? » demanda t'elle.

« C'est un risque calculé. Robby a une formation de flamenco du coup il peut jouer très bas.

Après je suis arrivé au bon moment. James Dean est mort. Marlon Brando a prit du bide !"

« Figure toi que, si les Beach Boys ont meilleure presse ici, vous êtes prit sur la côte Est aussi

sérieusement qu'un dromadaire en Alaska. Andy ne peut te kiffer. Selon lui, tout le monde a droit à quinze minutes.... C'est pas très loin de tes paroles. Ces gens de la Factory sont d'une exoplanète.

Ils imbibent un coton de speed pour se le mettre profond. Ils l'enflamment et ils jouissent. »

L'éphèbe dionysiaque réagit avec un sourire sardonique.

« Ah oui, effectivement, c'est plutôt bien illustré Janis. Rajoutez lui une bouteille de Jack Daniels.