Lettre 5: Paris, le 18 juillet 2018

Chère vous,


J'aimerais que ma vie soit aussi romanesque que la vôtre... Je sais, il ne tient qu'à moi que cela arrive, mais tout de même, quitter les siens du jour au lendemain avec l'aide de son fiancé !


Puis-je vous demander ce qu'il est devenu ?


De mon côté, la vie suit son cours. Peu de temps après ma dernière lettre, j'ai profité de ma

"liberté" pour aller voir ma famille, à Pau. C'est là-bas que j'ai passé mes 25 premières années, avant de venir m'installer à Paris, il y a deux ans. Pour être honnête, j'appréhendais un peu ce retour à la maison. J'avais bien sûr prévenu mes parents et ma sœur de ma démission, et ils semblaient l'accepter, mais n'allaient-ils pas me le reprocher lorsque nous serions face-à-face ? Ou tenter de me faire changer d'avis ?


Je craignais surtout la réaction de mon père. Non pas qu'il soit particulièrement strict, mais il est Iui-même comptable... Si vous avez toujours su que vous vouliez écrire, je me suis longtemps demandé ce que j'allais faire de ma vie. Rien ne me passionnait vraiment. Alors comme je me débrouillais bien en maths et que j'étais plutôt rigoureuse, j'ai suivi la voie paternelle. Il ne m'y a pas forcée, mais il était heureux qu'une de ses filles fasse comme lui.


Finalement, je n'avais aucune raison d'appréhender. Non seulement mes parents et ma sœur

n'étaient pas déçus, mais ils étaient même plutôt fiers de moi ! Je ne l'aurais jamais cru. Ma

mère, toujours inquiète de me savoir si loin, s'est réjouie que je "prenne enfin ma vie en main".


Mon père est décidé à m'aider à trouver un emploi qui me corresponde vraiment, et ma sœur ne comprend pas que je n'aie pas démissionné plus tôt ! Moi qui pensais que ma situation stable les rassurait...


En tout cas, si je ne sais pas encore ce que je veux faire, je sais au moins où je Ie ferai : à Paris. J'adore Pau, et j'adorerais avoir ma famille près de moi, mais ma vie est à Paris. Moi qui pensais préférer le calme de la campagne ou d'une petite ville, je suis à l'aise dans le tumulte de la capitale. À ma place. J'ai l'impression que tout y est possible.


En attendant de trouver ma voie, mon meilleur ami m'a embauchée dans son café. Le service me plaît, nous avons une clientèle d'habitués qui sont heureux de venir passer un moment avec nous, ça me change du cabinet d'experts-comptables !


À quoi occupez-vous vos journées ? Venez-vous souvent en France pour rendre visite à votre

familIe ?


À très vite,


Sophie.

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