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Les peintures de Marion : Dans l’église de ***


I.Les chants du crépuscule (1836). VICTOR HUGO


"C'était une humble église au cintre surbaissé,

L'église où nous entrâmes,

Où depuis trois cents ans avaient déjà passé

Et pleuré bien des âmes.


Elle était triste et calme à la chute du jour,

L'église où nous entrâmes ;

L'autel sans serviteur, comme un cœur sans amour,

Avait éteint ses flammes.


Les antiennes du soir, dont autrefois saint Paul

Réglait les chants fidèles,

Sur les stalles du chœur d'où s'élance leur vol

Avaient ployé leurs ailes.


L'ardent musicien qui sur tous à pleins bords

Verse la sympathie,

L'homme-esprit n'était plus dans l'orgue, vaste corps

Dont l'âme était partie.


La main n'était plus là, qui, vivante et jetant

Le bruit par tous les pores,

Tout à l'heure pressait le clavier palpitant,

Plein de notes sonores,


Et les faisait jaillir sous son doigt souverain

Qui se crispe et s'allonge,

Et ruisseler le long des grands tubes d'airain

Comme l'eau d'une éponge.


L'orgue majestueux se taisait gravement

Dans la nef solitaire ;

L'orgue, le seul concert, le seul gémissement